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Conseils & Astuces

Bébé et alimentation: le calme avant la tempête

aurélie d'hulst — avr 19, 2019

Nourrir un enfant, c’est une grande aventure! Il mangera d’abord de tout avant de passer, le plus probablement, par une phase de néophobie alimentaire. Pas d’inquiétude: ce sont deux temps tout à fait naturels de son développement.

Âge d’or gastronomique et indifférence sociale

Dès 4 à 6 mois, un bébé entre dans une période d’âge d’or gastronomique. C’est le moment où il est le plus enclin à tester de nouveaux aliments. Cette phase — qui s’arrête généralement au douzième mois — est celle où les êtres humains sont le plus réceptifs aux nouvelles saveurs. Durant cette demi-année, votre petit bout se familiarise plus vite avec les aliments et apprécie plus facilement leur goût. Profitez-en, c’est la meilleure période pour élargir son horizon culinaire: préparez-lui des aliments sains agrémentés d’épices et d’herbes fraîches et éloignez les aliments trop gras, trop salés et trop sucrés. De bonnes habitudes alimentaires qu’il gardera toute sa vie! Durant cette période, faites également preuve d’inventivité et variez autant que possible les ingrédients. Mais pas n’importe comment: on évite, dans un premier temps, les légumes sucrés — comme les carottes — qui peuvent compliquer l’acceptation d’autres légumes plus amers par la suite.

Sachez que jusqu’à 27 mois environ, votre chérubin mangera ce que vous voulez qu’il mange. Cette fenêtre temporelle vous permet tout un tas de libertés: à vous de lui proposer un éventail de bons produits avant qu’il ne commence à faire ses propres choix! C’est après que les choses se corsent...

Contourner la néophobie alimentaire

La néophobie alimentaire est un sentiment de peur face aux nouveaux aliments. Elle concerne 75 % des enfants âgés de 2 à 10 ans (avec une apogée entre 2 et 6 ans) comme l'explique Gabrielle Caron, nutritionniste, au quotidien québécois Le Soleil. C’est à cette période que vous risquez de voir votre petit grimacer devant son cabillaud, fermer sa bouche à double tour, voire recracher sa bouchée de brocolis dans sa serviette… Mais si vous avez profité de l’âge d’or gastronomique pour lui faire goûter un tas d’aliments, il sera plus enclin à dépasser cette phase de rejet.

Il dit non, je fais quoi?

Vous avez loupé le coche? Il existe des moyens de faire face à ce rejet de la nouveauté (sans devoir sceller votre enfant à une chaise, bonne nouvelle!).

 

  • Plus la nourriture est familière, moins elle suscite de méfiance. N’hésitez donc pas à cuisiner plusieurs fois le même aliment. Comme l’explique Bee Wilson, journaliste culinaire britannique, dans son livre First Bite, on considère qu’il faut, en période de néophobie alimentaire, jusqu’à 15 expositions à un ingrédient avant de l’accepter. Patience!

  • Utilisez le principe des “ponts de saveurs”, en accompagnant un nouvel aliment d’un aliment que votre enfant connaît déjà: si votre enfant raffole de la sauce curry, préparez-lui des poivrons dans cette sauce, il n’y verra que du feu, tout en se familiarisant avec un nouveau légume. Bon à savoir: nos sauces aux légumes, nos spreads, nos mélanges d'épices et notre No Nasties ketchup sont des excellents “ponts”.

  • Évitez les grands changements et présentez toujours les aliments sous la même forme. Cela permet à votre bambin d’avoir des repères. Si vous cuisinez la patate douce sous forme de purée, continuez sur votre lancée, car s’il découvre ce tubercule sous une autre forme, il sera perçu comme un nouveau produit. Evidemment cet astuce doit uniquement être appliqué si votre enfant est un vraie "picky eater".

  • Tout ce processus doit être effectué dans un cadre convivial. En adoptant une attitude bienveillante et un chouïa de fermeté, il sera plus facile d’inciter votre enfant à goûter vos petits plats. Reconnaissez ses efforts et encouragez sa motivation, mais ne le forcez jamais: il sera ainsi plus enthousiaste à l’idée de renouveler l’expérience.

  • Ne jetez pas les aliments qu’il refuse d’ingérer: laissez-les là, devant son nez… Il aura ainsi tout le loisir de changer d’avis. Ce qui arrive;-) surtout quand personne ne regarde.

  • Si votre petit bout vous voit consommer de nouveaux aliments, cela permettra d’apaiser sa néophobie et de le rassurer. Du coup, on mord sur sa chique et on avale, nous aussi, nos choux de Bruxelles. Sans faire la moue…